jeudi 8 décembre 2016

Quel Paysage Laitier pour la Tunisie en 2030? / What dairy landscape will we have in Tunisia in 2030?

En 2030, le lait restera une source importante de protéines et d’énergie que le tunisien continuera à consommer, et la filière lait restera un secteur d’activité économique à forte employabilité directe et indirecte.
Quel paysage laitier pour la Tunisie en 2030 si le niveau de consommation, en constante croissance, sera de 200 équivalents litres de lait per capeta, et si nous aurons à répondre aussi aux besoins en lait de la population libyenne?
En 2030, nous serons 12 500 000 personnes* en Tunisie et eu égard au niveau de consommation retenu (hypothèse ci-dessus), nous aurons à produire environ 2 900 000 000 litres de lait (y compris l’autoconsommation et les besoins des veaux au niveau des fermes laitières). Cependant, cette production ne pourrait se faire avec la structure de production actuelle car les conditions édapho-climatiques ne permettrons pas l’installation de plus de 940 000 vaches laitières (toutes races confondues) et ayant un niveau de production moyen ne dépassant pas les 3 000 litres par an.
Nous ambitionnons que ces 2 900 000 000 litres soient produits par environ 320 000 vaches laitières ayant un niveau de production moyen de 9 000 litres par an, et exploités par uniquement 21 500 éleveurs professionnels ayant des troupeaux avec une taille moyenne de 15 vaches laitières.
Par ailleurs, la reconquête du marché libyen demeure une priorité. Subvenir aux besoins en lait de la population libyenne (ayant des habitudes alimentaires semblables à la population tunisienne), qui sera d’environ 9 500 000 personnes* en 2030, est de nature à dynamiser la filière lait et accélérer sa professionnalisation. Dans ce cas de figure, nous aurons à produire 5 000 000 000 litres. Et si nous gardons les mêmes paramètres zootechniques (niveau de production, taille de cheptel), nous aurons à élever 550 000 vaches laitières exploitées par 36 600 éleveurs professionnels.
Nous sommes persuadés que ces objectifs sont réalisables et peuvent être facilement déclinés en plans d’action qui ne nécessiteront qu’une volonté politique inébranlable.
A suivre
*la croissance démographique retenue est de +1,0% par an pour la Tunisie et de +3,3% par an pour la Libye (source : Wikipedia)

What dairy landscape will we have in Tunisia in 2030?

In 2030, milk will remain an important source of protein and energy that Tunisians will keep consuming. The milk sector will remain an economic activity with direct and indirect powerful employability.

What dairy landscape will we have in Tunisia in 2030 if the consumption level will be 200 liters milk equivalents per capeta, and if we would have to face the milk requirements of the Libyan population?

By 2030, we will be 12,500,000 people* in Tunisia and given the level of consumption used (hypothesis above), we will have to produce about 2,900,000,000 liters of milk (including self-consumption and the needs of calves at the dairy farms). However, this production could not be done with the current production structure because the land and climatic conditions will not allow the installation of more than 940 000 dairy cows (all breeds combined) which have an average production level not exceeding 3 000 liters per year.

Our ambition is that these 2,900,000,000 liters will be produced by approximately 320,000 dairy cows with an average production level of 9,000 liters per year and operated by only 21,500 professional farmers with herds of an average size of 15 dairy cows.

Moreover, the reconquest of the Libyan market remains a priority. To meet the milk needs of the Libyan population (with dietary habits similar to the Tunisian population), which will be about 9,500,000 people* in 2030, is likely to boost the milk sector and accelerate its professionalization. In this case, We will have to produce 5,000,000,000 liters. And if we keep the same parameters of production level and livestock size, we will have to raise 550,000 dairy cows operated by 36,600 professional breeders.

We are convinced that these objectives are achievable and can be easily translated into action plans that will require unwavering political will.

To be continued

*The population growth retained is + 1.0% per year for Tunisia and + 3.3% per year for Libya (Wikipedia source)

mercredi 30 novembre 2016

Et si le salut venait du lait ?

J’ai toujours soutenu la thèse voulant que l’industrie agro-alimentaire est la première marche vers une industrialisation plus diversifiée d’un pays. Désormais, l’industrie laitière et toutes les activités qui lui sont connexes est un socle solide aujourd’hui en Tunisie. Mais, l’amont laitier reste très fragile et on peine à le restructurer à cause de l’absence d’une vision et d’une réelle volonté politique pour appliquer les diverses recommandations d’experts nationaux et internationaux.
L’organisation de l’amont laitier et sa professionnalisation demeurent deux exercices complexes pour les décideurs politiques mais restent un cap salutaire duquel on ne doit pas dévier à la veille des négociations sur l’ALECA. Les promesses d’aides, de dons et d’investissements issus du forum « Tunisia 2020 » doivent profiter aux diverses productions agricoles en général et à la production laitière en particulier permettant d’assurer aujourd’hui en Tunisie un revenu mensuel décent si elle est bien conduite.
Mettre en place dans certaines régions défavorisées de la Tunisie les mécanismes financiers et administratifs adéquats pour s’installer en tant qu’éleveurs laitiers est de nature à permettre aux jeunes d’emprunter des voies moins tortueuses que celles de la contrebande et/ou du terrorisme.

A suivre…

vendredi 3 juin 2016

Crise de la filière laitière : Lorsqu'on ne veut pas apprendre de nos erreurs...

Nous nous sommes abstenus depuis quelques mois à publier car nous avions orienté notre énergie pour participer aux diverses réunions, séminaires, colloques consacrés à la crise que connait la filière laitière depuis juillet 2015.
Nous sommes contents que certaines de nos recommandations publiées sur le présent blog ont été prises en considération par les autorités de tutelle (c.f. Notes publiées le 28/09/15 et le 08/12/15), mais notre déception est plus grande car AUCUN enseignement n’a été tiré de cette crise par TOUS les acteurs de la filière sans exception.
Aucune vision stratégique et une volonté presque préméditée pour laisser les choses telles qu’elles sont. Tous les acteurs s’accusent mutuellement, pataugent dans une mare de revendications populistes et court-termistes, avec un campement sur des positions ne pouvant que mener vers la destruction de la filière. Pourtant, cette crise a offert toutes les conditions nécessaires pour réformer et restructurer la filière laitière, tout en lui donnant un autre départ vers une excellence répondant aux rêves des pères fondateurs de cette filière.

A suivre…

mardi 8 décembre 2015

2016 : Lorsque la filière lait est plus menacée que jamais…

L'année 2016 sera l'année de tous les dangers pour la filière lait, si les pouvoirs publics et les professionnels du lait ne trouvent pas les solutions adéquates pour commercialiser le stock actuel de 54 000 000 L de lait demi-écrémé.
Si ce stock ne diminue pas de 30 000 000 L au 31/01/16, la réception industrielle (lait cru accédant à tous les sites industriels du pays) sera entravée voire, revue à la baisse par rapport à la haute saison de production de 2015. Par conséquent le réseau de collecte sera impacté négativement ainsi que les producteurs de lait. Le risque sur le cheptel n'est pas sujet à équivoque. A vous de deviner, le coût de la reconstruction de toute une filière...
Les mesures prisses jusqu'à présent par les pouvoirs publics visant à soulager ce stock restent louables mais insuffisantes et sont restées sans suite. Au jour d'aujourd'hui, les ministères engagés dans le processus d'achat d'environ 10 000 000 L (de lait demi-écrémé) n'ont pas tous honoré leurs engagements.
Dans une précédente note du 28/09/15 : http://bloglaitiertunisien.blogspot.com/2015/09/oui-la-crise-actuelle-des-stocks-de.html, ,ous avons proposé un certain nombre de mesures qui ont été de nature à soulager tous les industriels, citons entre autres : i) la distribution dans certaines régions à chaque écolier de l'enseignement primaire un verre de lait à l'heure de la récréation, et ii) la  prévision dans le budget de 2016 une ligne pour financer l'exportation de nos produits laitiers vers d'autres marchés autres que la Libye.
Nous croyons plus que jamais en l'urgence de l'activation de ces deux mesures en vue du rachat de tout le stock de lait demi-écrémé : Que valent 50 000 000 Dt face à la survie et la préservation de toute une filière?
Nous espérons ne pas prêcher dans le désert, même si l'immobilisme des ministères de tutelle nous inquiète…

mardi 24 novembre 2015

La Filière Lait en Tunisie et le syndrome de la "Réunionite Aiguë"

Depuis plus d'une décennie la filière lait en Tunisie est atteinte du syndrome de la "Réunionite Aigue". Les réunions relatives à l'avenir de cette filière se succèdent avec très peu de résultats. Les problématiques restent les mêmes et les propositions de résolution se répètent à l'identique d'une réunion à l'autre.
La dernière réunion en date est celle organisée le 19/11/15 par le CRDA de Kairouan visant à identifier les leviers susceptibles de promouvoir l'élevage dans ce gouvernorat.
Même si l'initiative reste louable, dans un gouvernorat sans tradition laitière, cependant, vouloir bâtir une "Stratégie" de toute une filière par des workshop de quelques minutes, ne me semble pas une démarche judicieuse pour promouvoir un secteur fort intéressant mais très fragile si les mêmes contraintes définies dans les autres gouvernorats et reproduites dans le gouvernorats de Kairouan ne sont pas levées.
Je crois qu'il est grand temps pour les autorités de tutelle de déterrer tous les anciens procès-verbaux de toutes les réunions depuis 2000 et en faire une méta-analyse. A défaut de moyens, il est grand temps que ces mêmes autorités de tutelle passent la main à une interprofession autonome pour bâtir et régir une stratégie pour une filière lait encore très prometteuse en terme de création de richesse dans notre pays.

A bon entendeur

lundi 28 septembre 2015

Oui, la crise actuelle des stocks de lait de boisson UHT va encore perdurer sauf si...

Oui, la crise actuelle des stocks records de lait de boisson UHT (plus de 65 000 000 L) va perdurer et ne sera pas résolue de sitôt.
 
Je ne vais pas m'attarder sur les causes, et les risques méritent mieux d'être discutés.
 
Si cette crise ne fait pas l'objet d'une batterie de mesures législatives et financières immédiates, toute la filière sera menacée : i) abattage d'une grande partie du cheptel, ii) récession au niveau de la collecte et de la transformation, iii) et un grand opérateur économique risque de faire faillite.
 
Mes propositions sont loin d'être exhaustives, mais elles peuvent être un socle ou une ébauche pour diriger la filière laitière vers la porte de secours.
 
1. Faire face au commerce illicite de lait cru pour dynamiser la consommation du lait UHT (ou stérilisé), la loi interdisant la vente directe de lait cru aux consommateurs existe mais elle n'est nullement appliquée et certains officiels la considèrent même comme une "loi scélérate". Certes le lait cru présente beaucoup de vertus, mais dans notre pays les risques sanitaires sont bien réels avec un cheptel qui n'est pas indemne en terme de tuberculose et de brucellose.
 
2. Les industriels et le GIVRLAIT auront à communiquer par rapport à ce produit. Une large frange des consommateurs croient encore que le lait UHT est un lait régénéré.
 
3. Distribuer dans certaines régions à chaque écolier de l'enseignement primaire un verre de lait à l'heure de la récréation. Cette politique de l'Etat qui prévalait dans les années 1960 et 1970 pourra dynamiser la consommation du lait et permettre aux écoliers de certaines régions du pays d'accéder à un aliment de base sain et nutritif.
 
4. Prévoir dans le budget de 2016 une ligne pour financer l'exportation de nos produits laitiers vers d'autres marchés autres que la Libye. Notre lait de boisson UHT a perdu en compétitivité mais reste attractif pour certaines marques connues pour leur sérieux et leur qualité.
 
Ces mesures urgentes ne doivent pas nous faire oublier la réflexion nationale et le travail de fond que mérite la filière laitière en Tunisie. Notre stratégie pour les quinze prochaines années doit tourner autour de l'organisation du métier de l'élevage, le groupement des éleveurs dans des structures viables, la refonte du réseau de la collecte de lait et la création d'une interprofession indépendante de toute tutelle.
 
J'en reviendrai dans une prochaine note.

 

jeudi 28 mai 2015

Et si la SOTUDEL (Société Tunisienne des Dérivés du Lait) n’était pas un cas isolé? Et si on se penchait un peu plus sur les conditions de fabrication des dérivés du lait dans les crèmeries?

La campagne entreprise par les autorités de tutelle pour assurer des produits agroalimentaires salubre aux citoyens est plus que louable. Cependant, cette campagne doit s’inscrire dans le temps et aller jusqu'au bout pour éliminer tous les fraudeurs et électrons libres qui enveniment les différentes filières du secteur agro-alimentaire. L’exemple de la SOTUDEL (Société Tunisienne des Dérivés du Lait) montre qu'il est urgent de contrôler les conditions de la transformation laitière qu'elle soit industrielle ou artisanale.


Cependant, les ateliers artisanaux ou les arrières boutiques des crèmeries ne doivent pas être épargnés par cette campagne de contrôle. Si les contrôleurs visitent les où sont fabriqués les Ricotta, la mozzarella, le fromage râpé, le Raieb, le lben,…, ils "découvriront" beaucoup de surprises relatives aux conditions de fabrication, de conservation et de stockage. Et ils seront encore plus "surpris" lorsqu'ils "découvriront" que le lait ayant servi pour la fabrication est d’origine inconnue.

Ceux des officiels qui essayeraient de banaliser l’impact de ce type de production, je dirais que ce "lait noir" représente entre 30% de la production nationale (environ 400 000 000 L/an).


Alors, Messieurs les officiels seriez-vous convaincus pour nous éviter une telle pourriture?

lundi 18 mai 2015

Centres Steppique et Littoral : Lorsque le ruminant est conduit comme un monogastrique avec le silence complice des différents intervenants…


Il est de notoriété publique que la quasi-totalité des élevages hors sole fourragère sont largement tributaires des aliments composés industriels ou fermiers. La Tunisie ne fait pas l’exception.
Cependant, l’exception tunisienne réside dans le fait que :


i) le contrôle de l’origine et de la qualité de ces aliments composés reste laxiste,

ii) les quantités distribuées n’obéissent qu’au degré de cupidité de commerciaux peu scrupuleux, qui vont jusqu’à inviter des pseudo experts étrangers pour recommander des distributions uniquement en 2 reprises de 18 kg et plus par jour…. Au diable les problèmes d’acidose, la richesse de lait en matières utiles et d’infertilité des vaches,

iii) il y a quelque temps un aliment farineux à bas prix et à bas valeur nutritive (le fameux BAM) fait ses ravages dans les gouvernorats limitrophes à l’Algérie, des stocks entiers sont exposés, vendus et troqués au vu et au sus des autorités de tutelle…. Sans aucune réaction de ces dernières. Serait-ce par peur, par manque de moyens, par laxisme? Serait-ce un silence complice? La réponse importe peu. Le diagnostic est là : Un cheptel qui souffre, des éleveurs qui souffrent et des industriels qui souffrent…

Messieurs les officiels, il est grand temps de prendre le taureau par les cornes…


lundi 27 avril 2015

Une Haute Saison de Production sans problèmes, mais...

Les intervenants dans la filière lait sont unanimes par rapport à la bonne santé de la filière durant ce premier tiers de l’année. Les incidents relatifs à l’inadéquation entre la production, la collecte et la transformation durant cette période de l’année sont quasiment absents (pas de longues files d’attente devant les unités de transformation, pas de destruction de livraisons de lait cru,…).

Les origines de cette bonne santé sont :

i) Une saison de haute production tardive au vue des conditions climatiques défavorables dans les régions du nord induisant une entrée tardive en production de la population bovine de race locale et mixte.

ii) Mais surtout, la capacité additionnelle permise pas la nouvelle laiterie de Sidi Bouzid (+400 000 L/j en moyenne) a permis de soulager les fournisseurs du centre ouest et du sud-ouest, tout en dynamisant la production et la collecte dans ces régions.

Cependant, l’analyse comparative de la consommation du lait UHT (principal produit laitier fini) révèle des résultats inquiétants pour la seconde partie de l’année, où le risque de pénurie demeure relativement grand au vu des résultats de cette analyse.

De l’avis général, la croissance de la consommation du lait UHT de +10% entre 2014 vs. 2013 (environ +50 000 000 L) a plutôt profité à la contrebande transfrontalière qu’au marché local.

Les chiffres du premier trimestre 2015 vs premier trimestre 2014 montrent que la croissance de la consommation du lait UHT est de +11,5% (environ 15 000 000 L), alors que cette croissance n’a été que de +7,7% (environ +8 200 000 L) entre le premier trimestre 2014 vs. Premier trimestre 2013.

Messieurs les Officiels, il y a urgence pour intervenir et pour arrêter cette hémorragie, sauf si délibérément nos frontières sont devenues plus perméables…

mercredi 5 novembre 2014

Quels Leviers d'action pour une meilleure profitabilité et éviter l'inflation galopante du prix de lait cru?

Nul ne conteste le fait que le prix du lait doit être rémunérateur et en adéquation avec les efforts fournis par les éleveurs.

Cependant, si on dissèque la problématique de la faible profitabilité actuelle du lait, on apercevra systématiquement une corrélation positive avec : la productivité moyenne de la vache laitière (indépendamment de sa race), et le niveau d’encadrement dont bénéficie l’éleveur laitier.

L’éleveur laitier est laissé pour compte alors qu’il y a tant de leviers d’action simples à actionner. Je cite entre autre : i) l’abreuvement, ii) la production de fourrages grossiers et d’aliments composés de qualité, iii) les conditions de traite et de stockage de lait au niveau de l’exploitation agricole

Dans mes pérégrinations au niveau des circuits primaires, un constat alarmant s’impose : i) 100% des éleveurs limite l’accès à l’eau à leurs vaches, ii) 95% des éleveurs pratiquent la traite incomplète, iii) 90% des éleveurs stockent leur lait dans des récipients non alimentaires (bidons en plastiques,…)

Certains officiels et syndicats cautionnent et défendent ces aberrations alors qu’une simple journée de sensibilisation et un accord avec le collecteur suffisaient dans la plupart des cas à limiter ces phénomènes.


La tâche reste titanesque et à terme en l’absence d’une stratégie laitière axée sur l’amélioration de la productivité et de la qualité, notre souveraineté alimentaire et l’avenir de tout l’espace rural sont menacés

jeudi 23 octobre 2014

Il faut que les collecteurs s'investissent dans la vulgarisation...

Au cours de mes pérégrinations périodiques dans le monde rural (centre ouest) et après un diagnostic de plusieurs circuits primaires de collecte je n'ai retenu que ces deux chiffres alarmants : 90% des éleveurs pratiquent la traite incomplète et 95% des éleveurs n'utilisent que des ustensiles non alimentaires (bidons en plastic, sots en plastic, bouteilles en plastic,...). Je vous laisse imaginer la charge microbienne du lait et sa richesse en matières utiles....

Au jour d'aujourd'hui les transformateurs, les collecteurs et les producteurs ont gagné en profitabilité (grâce à la dernière augmentation de prix). Rien n'empêche désormais les premiers d'investir dans l'amont laitier en distribuant des équipements laitiers, et rien n'empêche plus les seconds d'investir en ressources humaines allouées à la vulgarisation et l'encadrement technique des éleveurs.

Les syndicats des agriculteurs auront désormais à batailler dans ce sens pour maintenir la profitabilité des éleveurs (amélioration de la productivité grâce à la valorisation de la ration de base, grâce à des animaux en bonne santé, grâce à une diminution des mammites et des frais vétérinaires,...) au lieu de choisir la voie de l'inflation qui ne mènera à terme qu'à la ruine de toute une filière.

mardi 21 octobre 2014

Nouvelle augmentation de prix encore une fois ratée...

Le lait cru tunisien est devenu plus cher que lait européen avec une qualité moindre. Je crois qu’il est temps d’adopter une nouvelle approche pour garantir la profitabilité de tous les intervenants de la filière (exception faite des colporteurs). Je propose entre autres de : 

i)           Mettre en place un prix minimum garanti durant la haute saison de production et un prix minimum garanti durant la basse saison de production. Une telle mesure aura pour objectif d’atténuer la saisonnalité en incitant les éleveurs à produire durant cette dernière saison en préservant le même niveau de la qualité de lait cru durant la haute saison de production.

ii)            Indexer le prix de vente du lait demi écrémé sur le taux de change et le prix de l’énergie. Une telle mesure permettra le développement de la collecte et de la transformation.

iii)             Prélever un pourcentage de chaque augmentation pour la création de l’interprofession tout en révisant systématiquement vers la hausse, les normes tunisiennes d’acceptation du lait cru. Cette mesure permettra aux industriels et aux collecteurs d’encadrer les éleveurs.

iv)     Le prix minimum garanti doit être plus substantiel pour les éleveurs adhérents à un Groupement ou à une Société Mutuelle de Base de Services Agricoles. Cette mesure permettra à terme de regrouper les éleveurs autour d’une même étable ou autour d’une même salle de traite ou autour d’un même mini tank de stockage et d’imbriquer suite ça tous les services connexes (insémination, unité de fabrication d’aliments composés, centre d’élevage de génisses,…)

Une seule chose manque à cette batterie de mesures : LA VOLONTÉ POLITIQUE


A BONS ENTENDEURS

jeudi 24 avril 2014

Que reste-t-il des missions de l’Office de l’Elevage et des Pâturages (OEP)?

L’OEP a été créé en 1966 sous forme d’une entreprise publique à caractère non administratif placée sous la tutelle du ministère de l’agriculture. Dès sa création l’OEP a été chargé du développement des ressources animales et fourragères avec ce que ça impliquait comme promotion des nouvelles techniques de l’élevage et gestion des ressources fourragères.

On peut résumer les missions de l’OEP en :

1.    Développement des ressources fourragères et pastorales
2.      Promotion des techniques de l’élevage
3.      Développement et suivi économique du secteur de l’élevage

Pendant très longtemps l’OEP a été l’initiateur et le promoteur des stratégies laitières en Tunisie durant les 3 décennies qui avaient suivi sa création. Les résultats sont là avec ce qu’ils comportent comme forces et carences.

Avoir Cantonné l’OEP, depuis environ deux décennies, dans un rôle d’attributaire d’agréments et de suivi des subventions a été à mon avis un mauvais choix stratégique qui a porté préjudice à toute une filière.
Il est plus qu’urgent de réactiver cette structure en l’élargissant ou en la fusionnant avec d’autres entités sous la tutelle du ministère de l’agriculture. Je pense notamment à l’OTD et la DGSV…

dimanche 20 avril 2014

Ce que vous devriez savoir sur tout ce que se dit sur le lait…

La désinformation ne touche pas uniquement le domaine de la politique mais elle a étendu son spectre pour toucher d’autres domaines et sans prendre le temps d’enquêter, d’interviewer et de synthétiser l’essentiel.

Il y a quelques jours on voyait sur nos écrans de télé des gens qui déversait du lait avec une mine déconfite et appellent au scandale… Le commun des mortels se posait la question suivante : « mais pourquoi on ne donne pas ce lait aux pauvres et aux nécessiteux ? » ; « quelle honte pour ces industriels qui ne craignent pas Dieu… »…

La vérité est malheureusement ailleurs. Je m’explique :
  • 1.      Ce qui a été déversé est un liquide blanc qui ressemblait à du lait
  • 2.      Le colportage est encore interdit, et la personne avec la mine déconfite n’a aucune existence légale. C’est comme si un vendeur de carburant de contrebande demandait aux autorités d’obliger les citoyens de lui acheter sa marchandise au lieu de se diriger vers les kiosques…
  • 3.      Tout le lait qui a été détruit ces derniers jours est un lait non conformes aux normes tunisiennes


Donc messieurs les colporteurs, les collecteurs et pseudo défenseurs des éleveurs arrêtez cette parodie…

mardi 26 février 2013

Quelle stratégie laitière pour la Tunisie : Nivellement par le haut ou nivellement par le bas? (2)


Une stratégie laitière basée sur un nivellement par le haut consistera à

i)                 une libération du prix de vente à la consommation ;

ii)               une mise en place d’une interprofession regroupant les industriels, les collecteurs et les producteurs. Cette interprofession ne doit avoir aucun lien organique avec l’administration de tutelle. Les décisions de cette interprofession auront force de loi ;

iii)             une mise en place un observatoire de la filière couplé à des laboratoires interprofessionnels régionaux pour veiller à l’activité des collecteurs et des industriels. Cet observatoire veillera à ce que la qualité du lait soit rémunérée et à ce que cette rémunération soit récupérée par les éleveurs ;

iv)              Chaque collecteur (et non pas centre de collecte) ne doit traiter qu’avec une laiterie. Un contrat d’une année doit lier le collecteur à la laiterie. Ce contrat peut être reconduit ou résilié à la fin de chaque année.

v)                  La zone d’intervention de chaque centre de collecte doit être délimitée,

vi)                Chaque centre de collecte doit maîtriser son circuit primaire.

Ce dernier aspect peut faire l’objet d’une réflexion nationale en s’inspirant des expériences d’autres pays ayant une structure de production laitière telle que la nôtre. Cet aspect est un préalable à tout développement de la production.

mercredi 13 février 2013

Quelle stratégie laitière pour la Tunisie : Nivellement par le haut ou nivellement par le bas? (1)


Les professionnels du lait s’accordent que la filière laitière souffre d’une stagnation et d’un manque de visibilité depuis au moins une décennie. Les réunions se succèdent, se répètent et se ressemblent. Les réunions se font généralement lorsqu’il y a pénurie du lait. Les mêmes problèmes sont posés, les mêmes causes sont évoquées et toujours aucun plan d’action ou des plans d’action mort-nés.
Je reste convaincu que le manque de volonté politique de la part des ministères de tutelle est le principal frein au développement et à la restructuration de la filière laitière en Tunisie. Et pour cause on confond l'économique, le social et le politique.... Il y a quelques années la restructuration de la filière était un sujet tabou par peur de remettre en cause la politique avant gardiste de l'Etat.
Actuellement, la mise en place d’une stratégie pour la filière s’impose que ce soit en adoptant un nivellement par le haut et/ou un nivellement par le bas. Tous les éléments sont réunis pour que la Tunisie deviennt "La Vache à Lait de l'Afrique du Nord"... (A suivre)

dimanche 3 février 2013

Le cynisme des colporteurs...


Dans une de mes pérégrinations dans le nord-ouest tunisien et au niveau des plateaux de la haute steppe j'ai été agréablement surpris par une petite exploitation agricole tenue par une jeune promotrice et femme au foyer.
 
18 vaches laitières Holstein Pie rouge, une prairie de Ray Grass-Bersim de 6 ha, un sondage et un mini tank de 1000 L. Les vaches sont bien portantes, bien entretenues et n’ont rien à envier à leurs congénères européennes.
Le bémol de l'histoire cette jeune femme était exploitée en vendant son lait à un colporteur de la place à 500 millimes/L (avant l’augmentation de fin octobre) et à 530 millimes/L (après l’augmentation de fin octobre).
Une preuve supplémentaire pour ceux qui défendent encore la légalisation du colportage. Et cette promotrice n’est que l’arbre qui cache la forêt…

 

mardi 29 janvier 2013

Une décision à côté de la plaque...


J’ai été surpris ce soir d’apprendre que le ministère de l’agriculture envisage d’augmenter de 10 millimes/L la subvention de collecte et de réfrigération de lait cru et ce afin de permettre aux centres de collecte d’augmenter de 10 millimes/L les colporteurs alors que ces derniers n’ont jusqu’à maintenant aucune existence légale.

Cette décision est critiquable à plus d’un niveau, i) ce n’est pas en développant le colportage qu’on résoudra la non qualité pratiquée, développée et maitrisée par cette corporation qui s’est imposée par la force des choses et le laxisme avec lequel on l’a traitée depuis plus de deux décennies, ii) augmenter les colporteurs alors qu’ils réfutent, récusent et refusent le pseudo cahier des charges qui leur a été préparé depuis plus de 8 ans, une démarche pareille ne relève que d’un amateurisme dangereux ou d’une manœuvre politicienne irresponsable, iii) la somme allouée à cette augmentation n’aurait pas été mieux placée en s’attelant à regrouper les petits éleveurs, à rapprocher le froid aux petits et moyens élevage, en promouvant le métier d’éleveur, en travaillant la politique fourragère du pays, en relançant la vulgarisation publique et privée,… ?

Je crois qu’il est encore temps pour revenir sur cette décision en la limitant dans le temps et/ou la conditionnant à l’acceptation d’un cahier des charges soucieux de la qualité et de la pérennité de la filière.

A bons entendeurs

lundi 21 janvier 2013

Conférence débat sur la filière laitière en Tunisie


Dans le cadre de son colloque hebdomadaire intitulé "Les mercredis de l’AGRI culture", l’Institut National Agronomique de Tunisie organise ce mercredi 23/01/13 à 14 :00 (Salle des Conférences de l’INAT) une conférence débat sur le thème "La Filière Laitière en Tunisie".
Cette conférence sera donnée par M. Ali KLEBI (PDG de la Centrale Laitière de Mahdia ; VITALAIT) et de Dr. Khaled ZARROUK (ancien Directeur à l’Institut de Nutrition).

vendredi 18 janvier 2013

Monsieur le gouverneur n’outrepassez pas vos prérogatives....


Par le passé, chaque fois que j’avais eu l’occasion de discuter de la filière avec un gouverneur, premier administrateur et gestionnaire du gouvernorat, je rencontrais parfois de l’écoute, parfois de la compréhension, souvent de la diplomatie pour contourner les problèmes chroniques de la filière : le colportage, le secteur informel, l’élevage en hors sole fourragère,… Mais je n’avais jamais rencontré ou entendu parler d’un gouverneur qui voulait recommander et/ou imposer aux centres de collecte de lait les destinations finales de leur lait.

Je ne saurai dire s’il s’agissait de rumeurs, d’allégations, de l’intox,… mais lorsque le gouverneur d’un grand bassin laitier recommande et/ou impose cela aux centres de collecte de son gouvernorat, j’aimerais bien le voir refaire cette démarche dans 2 ou 3 mois lorsque les centres de collecte de lait n’auront à compter que sur 2 ou 3 laiteries du pays.

Monsieur le gouverneur n’outrepassez pas vos prérogatives....