mardi 21 octobre 2014

Nouvelle augmentation de prix encore une fois ratée...

Le lait cru tunisien est devenu plus cher que lait européen avec une qualité moindre. Je crois qu’il est temps d’adopter une nouvelle approche pour garantir la profitabilité de tous les intervenants de la filière (exception faite des colporteurs). Je propose entre autres de : 

i)           Mettre en place un prix minimum garanti durant la haute saison de production et un prix minimum garanti durant la basse saison de production. Une telle mesure aura pour objectif d’atténuer la saisonnalité en incitant les éleveurs à produire durant cette dernière saison en préservant le même niveau de la qualité de lait cru durant la haute saison de production.

ii)            Indexer le prix de vente du lait demi écrémé sur le taux de change et le prix de l’énergie. Une telle mesure permettra le développement de la collecte et de la transformation.

iii)             Prélever un pourcentage de chaque augmentation pour la création de l’interprofession tout en révisant systématiquement vers la hausse, les normes tunisiennes d’acceptation du lait cru. Cette mesure permettra aux industriels et aux collecteurs d’encadrer les éleveurs.

iv)     Le prix minimum garanti doit être plus substantiel pour les éleveurs adhérents à un Groupement ou à une Société Mutuelle de Base de Services Agricoles. Cette mesure permettra à terme de regrouper les éleveurs autour d’une même étable ou autour d’une même salle de traite ou autour d’un même mini tank de stockage et d’imbriquer suite ça tous les services connexes (insémination, unité de fabrication d’aliments composés, centre d’élevage de génisses,…)

Une seule chose manque à cette batterie de mesures : LA VOLONTÉ POLITIQUE


A BONS ENTENDEURS

jeudi 24 avril 2014

Que reste-t-il des missions de l’Office de l’Elevage et des Pâturages (OEP)?

L’OEP a été créé en 1966 sous forme d’une entreprise publique à caractère non administratif placée sous la tutelle du ministère de l’agriculture. Dès sa création l’OEP a été chargé du développement des ressources animales et fourragères avec ce que ça impliquait comme promotion des nouvelles techniques de l’élevage et gestion des ressources fourragères.

On peut résumer les missions de l’OEP en :

1.    Développement des ressources fourragères et pastorales
2.      Promotion des techniques de l’élevage
3.      Développement et suivi économique du secteur de l’élevage

Pendant très longtemps l’OEP a été l’initiateur et le promoteur des stratégies laitières en Tunisie durant les 3 décennies qui avaient suivi sa création. Les résultats sont là avec ce qu’ils comportent comme forces et carences.

Avoir Cantonné l’OEP, depuis environ deux décennies, dans un rôle d’attributaire d’agréments et de suivi des subventions a été à mon avis un mauvais choix stratégique qui a porté préjudice à toute une filière.
Il est plus qu’urgent de réactiver cette structure en l’élargissant ou en la fusionnant avec d’autres entités sous la tutelle du ministère de l’agriculture. Je pense notamment à l’OTD et la DGSV…

dimanche 20 avril 2014

Ce que vous devriez savoir sur tout ce que se dit sur le lait…

La désinformation ne touche pas uniquement le domaine de la politique mais elle a étendu son spectre pour toucher d’autres domaines et sans prendre le temps d’enquêter, d’interviewer et de synthétiser l’essentiel.

Il y a quelques jours on voyait sur nos écrans de télé des gens qui déversait du lait avec une mine déconfite et appellent au scandale… Le commun des mortels se posait la question suivante : « mais pourquoi on ne donne pas ce lait aux pauvres et aux nécessiteux ? » ; « quelle honte pour ces industriels qui ne craignent pas Dieu… »…

La vérité est malheureusement ailleurs. Je m’explique :
  • 1.      Ce qui a été déversé est un liquide blanc qui ressemblait à du lait
  • 2.      Le colportage est encore interdit, et la personne avec la mine déconfite n’a aucune existence légale. C’est comme si un vendeur de carburant de contrebande demandait aux autorités d’obliger les citoyens de lui acheter sa marchandise au lieu de se diriger vers les kiosques…
  • 3.      Tout le lait qui a été détruit ces derniers jours est un lait non conformes aux normes tunisiennes


Donc messieurs les colporteurs, les collecteurs et pseudo défenseurs des éleveurs arrêtez cette parodie…

mardi 26 février 2013

Quelle stratégie laitière pour la Tunisie : Nivellement par le haut ou nivellement par le bas? (2)


Une stratégie laitière basée sur un nivellement par le haut consistera à

i)                 une libération du prix de vente à la consommation ;

ii)               une mise en place d’une interprofession regroupant les industriels, les collecteurs et les producteurs. Cette interprofession ne doit avoir aucun lien organique avec l’administration de tutelle. Les décisions de cette interprofession auront force de loi ;

iii)             une mise en place un observatoire de la filière couplé à des laboratoires interprofessionnels régionaux pour veiller à l’activité des collecteurs et des industriels. Cet observatoire veillera à ce que la qualité du lait soit rémunérée et à ce que cette rémunération soit récupérée par les éleveurs ;

iv)              Chaque collecteur (et non pas centre de collecte) ne doit traiter qu’avec une laiterie. Un contrat d’une année doit lier le collecteur à la laiterie. Ce contrat peut être reconduit ou résilié à la fin de chaque année.

v)                  La zone d’intervention de chaque centre de collecte doit être délimitée,

vi)                Chaque centre de collecte doit maîtriser son circuit primaire.

Ce dernier aspect peut faire l’objet d’une réflexion nationale en s’inspirant des expériences d’autres pays ayant une structure de production laitière telle que la nôtre. Cet aspect est un préalable à tout développement de la production.

mercredi 13 février 2013

Quelle stratégie laitière pour la Tunisie : Nivellement par le haut ou nivellement par le bas? (1)


Les professionnels du lait s’accordent que la filière laitière souffre d’une stagnation et d’un manque de visibilité depuis au moins une décennie. Les réunions se succèdent, se répètent et se ressemblent. Les réunions se font généralement lorsqu’il y a pénurie du lait. Les mêmes problèmes sont posés, les mêmes causes sont évoquées et toujours aucun plan d’action ou des plans d’action mort-nés.
Je reste convaincu que le manque de volonté politique de la part des ministères de tutelle est le principal frein au développement et à la restructuration de la filière laitière en Tunisie. Et pour cause on confond l'économique, le social et le politique.... Il y a quelques années la restructuration de la filière était un sujet tabou par peur de remettre en cause la politique avant gardiste de l'Etat.
Actuellement, la mise en place d’une stratégie pour la filière s’impose que ce soit en adoptant un nivellement par le haut et/ou un nivellement par le bas. Tous les éléments sont réunis pour que la Tunisie deviennt "La Vache à Lait de l'Afrique du Nord"... (A suivre)

dimanche 3 février 2013

Le cynisme des colporteurs...


Dans une de mes pérégrinations dans le nord-ouest tunisien et au niveau des plateaux de la haute steppe j'ai été agréablement surpris par une petite exploitation agricole tenue par une jeune promotrice et femme au foyer.
 
18 vaches laitières Holstein Pie rouge, une prairie de Ray Grass-Bersim de 6 ha, un sondage et un mini tank de 1000 L. Les vaches sont bien portantes, bien entretenues et n’ont rien à envier à leurs congénères européennes.
Le bémol de l'histoire cette jeune femme était exploitée en vendant son lait à un colporteur de la place à 500 millimes/L (avant l’augmentation de fin octobre) et à 530 millimes/L (après l’augmentation de fin octobre).
Une preuve supplémentaire pour ceux qui défendent encore la légalisation du colportage. Et cette promotrice n’est que l’arbre qui cache la forêt…

 

mardi 29 janvier 2013

Une décision à côté de la plaque...


J’ai été surpris ce soir d’apprendre que le ministère de l’agriculture envisage d’augmenter de 10 millimes/L la subvention de collecte et de réfrigération de lait cru et ce afin de permettre aux centres de collecte d’augmenter de 10 millimes/L les colporteurs alors que ces derniers n’ont jusqu’à maintenant aucune existence légale.

Cette décision est critiquable à plus d’un niveau, i) ce n’est pas en développant le colportage qu’on résoudra la non qualité pratiquée, développée et maitrisée par cette corporation qui s’est imposée par la force des choses et le laxisme avec lequel on l’a traitée depuis plus de deux décennies, ii) augmenter les colporteurs alors qu’ils réfutent, récusent et refusent le pseudo cahier des charges qui leur a été préparé depuis plus de 8 ans, une démarche pareille ne relève que d’un amateurisme dangereux ou d’une manœuvre politicienne irresponsable, iii) la somme allouée à cette augmentation n’aurait pas été mieux placée en s’attelant à regrouper les petits éleveurs, à rapprocher le froid aux petits et moyens élevage, en promouvant le métier d’éleveur, en travaillant la politique fourragère du pays, en relançant la vulgarisation publique et privée,… ?

Je crois qu’il est encore temps pour revenir sur cette décision en la limitant dans le temps et/ou la conditionnant à l’acceptation d’un cahier des charges soucieux de la qualité et de la pérennité de la filière.

A bons entendeurs