Il y a un consensus que le projet de l’agrément sanitaire dans les unités de collecte et de transformation de lait cru est une initiative prise par des vétérinaires pour faire travailler d’autres vétérinaires. A mon sens, il aurait été plus facile et plus valorisant d’inciter les collecteurs et les industriels de lait cru à la mise en place des normes ISO 14000 et ISO 22000.
Pourquoi le projet de la mise en place de l’agrément sanitaire a été une demi-réussite?
La seule amélioration palpable dans les centres de collecte de lait cru et dans les unités de transformation de lait cru a été la mise à niveau de l’infrastructure.
L’échec flagrant de l’agrément sanitaire demeure la précipitation dans la mise en place (les délais étaient très courts) et l’absence d’amélioration significative de la qualité microbiologique de lait cru, des conditions de stockage et des conditions de transport.
A titre d’exemple, plusieurs centres de collecte disposent à la fois d’un raccordement au réseau de la SONEDE et d’un sondage. Un sondage, s’il n’est pas traité convenablement et régulièrement, avoisinant une fosse septique ne peut approvisionner le centre de collecte qu’avec une eau contaminée par des coliformes fécaux. Tout le processus de nettoyage des citernes de stockage, des bidons et des citernes de transport de lait cru devient caduc. Un facteur parmi d’autres qui explique la qualité microbiologique médiocre du lait cru collecté.
Par ailleurs, si l’objectif ultime de l’agrément sanitaire est de préserver la santé du consommateur et lui faire parvenir au consommateur un produit de bonne qualité et traçable, d’autres acteurs de la filière lait devront être impliqués, notamment les crèmeries, les glaciers artisanaux, les fromagers artisanaux au vue des quantités de lait cru drainées par ce secteur informel.
Que faire alors?
A mon sens il faut basculer vers la préparation des centres de collecte et des unités de transformation à la mise en place de l’ISO 14000, ISO 22000 et ISO 26000. Ces certifications engloberont à la fois le management des risques, le management environnemental et le management de la responsabilité sociétale de l’activité laitière. Un bout de chemin a été parcouru auquel on pourra imbriquer un processus permettant les certifications ISO susmentionnées.